Hommage à grand-papa, lu aux funérailles

Très cher grand-papa,

À ton 90e anniversaire, nous te souhaitions de vivre encore dix autres belles années. Ton départ aujourd’hui nous semble précipité, malgré tes 92 ans. Avec ta vivacité d’esprit et ton amour de la vie, nous te croyions éternel.

Aujourd’hui, malgré la tristesse de te voir partir, nous ne pouvons que célébrer la vie vénérable que tu as menée. C’est quand même tout un exploit d’avoir vécu jusqu’à cet âge avec toute sa tête – et pas n’importe laquelle… – et d’avoir tout ce temps mordu dans la vie aussi passionnément. (Bien sûr, nous espérons que ce soit en partie héréditaire.)

Quel privilège, et quelle joie pour nous, tes sept petits-enfants, d’avoir eu un grand-père aussi exceptionnel.

Que de beaux souvenirs nous avons avec toi depuis tant d’années. Nous nous voyons encore, tout petits, récitant des fables de Jean de la Fontaine dans le coin de la salle à diner. Nos amis restent toujours tout surpris lorsqu’on se met à leur réciter La Cigale et la Fourmi.

Puis il y a eu nos visites à Paris. Claudette et toi, vous nous avez fait visiter les plus beaux musées. Vous nous avez transmis votre amour de la culture, des arts. Tu nous as aussi traînées dans tous les coins de la ville à la recherche des plaques d’Arago – te souviens-tu? Comme tu nous as fait marcher!

Nous avons aussi partagé de si beaux moments avec toi au chalet – que ce soit en ski de fond, en raquette, à la pêche, en marchant dans les bois ou en regardant les oiseaux se nourrir dans les mangeoires (que tu prenais toujours soin de bien approvisionner, même si tu devais pour cela te pelleter un chemin dans la neige). Tu as même fait le Père-Noël, grand-papa, pour Anne et Catou, jusqu’à tout récemment. Et depuis notre jeune âge, chacun de nous avons au chalet notre arbre, puisque tu leur as attribués nos noms – comme tu l’as fait pour chacun de tes visiteurs et proches amis, que vous receviez, Claudette et toi, toujours très chaleureusement.

Et puis combien de dîners avons-nous partagés – que ce soit en tête-à-tête ou avec toute la famille réunie? Tu y étais toujours souriant, avec le regard pétillant et plein de tendresse. Ton sens de l’humour était inépuisable. Tu partageais avec nous tes multiples expériences de vie, en nous faisant vivre à travers toi près d’un siècle d’histoire. Tu nous racontais des anecdotes aussi variées les unes que les autres – qu’elles portent sur tes rencontres avec des personnages célèbres comme le Général de Gaulle, ou avec la demoiselle que tu avais rencontrée le matin même au Pain Doré, ou encore la dame à qui tu avais fait un compliment et qui t’avait répondu : « des hommes comme vous, il faudrait les cloner. »

(Il faut dire que mon grand-père était un grand charmeur. D’ailleurs, ne vous a-t-il pas déjà dit que « le secret de la jeunesse chez un homme, c’est de ne jamais perdre sa faculté d’émerveillement devant les jolies femmes »? L’autre secret, qu’il gardait davantage pour lui, ce sont ses petites pilules chinoises, « anti-aging tablets »…)

Chaque personne que tu rencontrais était pour toi importante. L’attention que tu portais aux autres – que ce soient tes proches ou de parfaits inconnus – a toujours été exceptionnelle. Ceux qui ont eu le privilège de te rencontrer ont pu sentir ta bonté, ta générosité, ta grande humanité – ou en un mot qui résume bien ce qui t’animait : le « duende ».

Plus que tout, grand-papa, c’est sans contredit le fait que tu aies toujours été là pour nous, à tous les évènements importants de notre vie, pour nous supporter et nous conseiller, qui est le meilleur des cadeaux que tu nous aies donnés. Que ce soit à propos de nos études, de nos carrières, de nos projets ici et à l’étranger, ou à propos de la vie en général, nous savions que nous pouvions compter sur toi pour nous guider. Tu nous as encouragés à persévérer, à enrichir continuellement notre bagage d’expériences et de connaissances. Tu n’as cessé de nous rappeler combien il est important de faire ce que nous aimons.

Grand-papa, tu as été et tu resteras pour nous un modèle : un modèle d’un homme accompli, d’un homme qui aime la vie, qui aime les gens autour de lui. Nous sommes si fiers de toi.

Tu vas tellement nous manquer. Ton départ laisse dans nos vies un vide immense, mais nous savons que tu seras toujours là près de nous – dans un morceau de musique, dans le silence de la nature, dans les feuilles d’un arbre caressées par le vent ou dans ses racines s’ancrant dans la terre un peu plus profondément, dans le battement d’ailes d’un oiseau, dans le sourire renvoyé par un inconnu croisé dans la rue.

Tu continueras à nourrir nos cœurs, nos esprits, nos âmes. La mort aura fini par t’emporter, mais nos souvenirs de toi n’auront jamais été aussi vivants.

Cher grand-papa, merci pour tout. Merci d’avoir été là, merci d’être là. Nous t’aimons et nous t’embrassons, affectueusement et tendrement.

Geneviève, Frédéric, Thomas, Marie-Hélène, Stéphanie, Anne, Catou

Rédigé et lu aux funérailles par Stéphanie

Une Réponse to “Hommage à grand-papa, lu aux funérailles”

  1. Louis Desmarais Says:

    Marie-Helene, Stephanie, Thomas:

    Hommage fabuleux!

    Ses très grandes qualités sont la marque des « Bachand ».

    Nos sinceres condoleances.

    Louis et Susan

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